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HanafiqhPoser une question

n° 19 La Zakat sur les créances (sommes dues par les débiteurs)

Fatwa du 2 juin 2026

Question :

​Concernant l'argent que des débiteurs me doivent, dois-je inclure la totalité de la somme dans mon calcul de la Zakat, uniquement le montant récupérable chaque année, ou dois-je attendre de percevoir l'argent pour la calculer ?

Réponse

اَلـجَـــــوَابُ حَــامِـــــداً وَّمُــصَلِّــــياً
اَلـــسَّلاَمُ عَلَيْكُــــمْ وَرَحْـــمَةُ اللهِ وَبَـرَكَـاتُـــهُ


​Pour ce qui est de la Zakat sur les créances (les sommes qui vous sont dues), la règle dépend de la nature de la dette, qui se classe en trois catégories :

​1) La dette forte (Dayn Qawī)

​Il s'agit d'une dette issue de la vente de marchandises commerciales, ou d'un prêt accordé en or, en argent ou en devises. Cela inclut également les loyers à percevoir sur un bien immobilier acheté dans le but d'être revendu, ou tout autre élément acquis pour le commerce.

​La règle : La Zakat se calcule pour chaque année écoulée, mais son paiement ne devient obligatoire qu'au moment de la perception effective de l'argent. En clair, la totalité du montant doit figurer dans votre calcul annuel de la Zakat, mais vous pouvez attendre de toucher l'argent pour vous acquitter de la somme. Au moment du paiement, il faudra alors comptabiliser la Zakat de toutes les années passées.

​Exemple : Abdullah doit 10 000 euros à Zaid pour des marchandises qu'il lui a achetées. Supposons que le Nisab (seuil minimum d'imposition) soit de 1 000 euros. Au bout de deux ans, Abdullah effectue un premier versement de 200 euros. Zaid calculera sa Zakat de la manière suivante :

  • ​Pour la première année : 2,5% de 200 euros = 5 euros.

  • ​Pour la deuxième année : 2,5% 195 euros (le montant de la première année déduit de la Zakat due pour cette même année) = 4,88 euros. ​

Total à payer sur ce premier versement : 9,88 euros.


​2) La dette moyenne (Dayn Mutawassit)

​Il s'agit d'une dette contractée pour la vente de biens qui n'étaient pas destinés au commerce, ou qui ne proviennent pas d'un prêt d'or, d'argent ou d'argent liquide. Cela concerne par exemple la vente d'effets personnels (utilisés ou non), d'appareils électroménagers, etc.

​La règle : La Zakat ne devient obligatoire qu'une fois l'argent récupéré. Ces sommes ne sont donc pas incluses dans le calcul de la Zakat avant leur encaissement. Si une personne ne possède pas d'autres liquidités, son année fiscale pour la Zakat commence le jour où elle reçoit cet argent. Si elle possède déjà le Nisab, cette somme reçue s'ajoute à son capital et sera comptabilisée à la fin de son année de Zakat en cours. Cependant, aucune Zakat n'est due pour les années antérieures à la perception.


​3) La dette faible (Dayn Da'if)

Il s'agit d'une créance qui n'est pas issue d'une vente de biens, mais qui découle d'un autre type de contrat (comme la dot - Mahr), ou d'un événement sans transaction commerciale (comme un héritage, un legs - Wasiyyah, ou des indemnités de licenciement/prestation de services).

​La règle : Identique à celle de la dette moyenne (pas de rétroactivité, calcul uniquement après perception).


​Les créances douteuses ou irrécouvrables

​En droit islamique, une créance irrécouvrable est une dette que l'on n'a plus aucun espoir de récupérer : le débiteur n'a pas l'intention de rembourser et le créancier n'a aucun recours légal pour l'y contraindre. ​Dans ce cas précis, si le créancier finit contre toute attente par récupérer son argent, il n'aura pas à payer la Zakat pour les années passées. Il s'acquittera de la Zakat uniquement pour l'année où il a enfin perçu la somme.

والله أعلم
Et Allāh Ta‘ālā est Le plus Savant.
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