n° 33 La Khutbah du Jumu'ah dans une autre langue que l'arabe
Question :
Si l'Imām prononce la première Khutbah du Jumu'ah en arabe et la seconde dans sa propre langue, la prière du Jumu'ah est-elle valide ?
Réponse
اَلـجَـــــوَابُ حَــامِـــــداً وَّمُــصَلِّــــياً
اَلـــسَّلاَمُ عَلَيْكُــــمْ وَرَحْـــمَةُ اللهِ وَبَـرَكَـاتُـــهُ
En parcourant l'histoire de l’Islām, nous constatons que les Sahābah (qu'Allāh les agrée) ont érigé des Masājid dans de nombreuses contrées étrangères (les terres de l'Empire byzantin, de l'Empire perse, d'Afrique, etc.) où les nouveaux croyants ne comprenaient pas le moindre mot d'arabe, d'autant plus qu'ils venaient tout juste d'embrasser la foi.
Bien que certains compagnons parlaient couramment la langue locale et qu'ils nourrissaient une ferveur inégalée pour éduquer et propager le message du Dīn, la Khutbah a toujours été prononcée exclusivement en arabe. Ils utilisaient certes les dialectes locaux pour les cours et les discours habituels, mais jamais pour le sermon du vendredi.
Rasūlullāh ﷺ et les Sahābah (r) avaient d'ailleurs pour habitude d'y réciter des sourates entières du Qur’ān dans la Khutbah. Cela démontre que ce sermon est une forme d'adoration à part entière, similaire à la Salāh, et non une simple conférence.
De la même manière, l'Adhān et l'Iqāmah sont toujours prononcés en arabe, bien que de nombreux fidèles à travers le monde n'en comprennent pas le sens exact. Dès lors, pourquoi le sermon du Jumu'ah devrait-il faire exception à la règle ?
C'est pour ces différentes raisons que les quatre écoles de Fiqh sont unanimes : la Khutbah doit obligatoirement être prononcée en arabe.
Par conséquent, il est Makrūh Tahrīmī (fortement déconseillé) de la faire dans une autre langue que l’arabe. La Khutbah est un Dhikrullāh et non un discours classique avec nos propres mots et phrases.
Toutefois, si le cas se présente, l'obligation de la prière du Jumu'ah sera considérée comme remplie et il ne sera pas nécessaire de recommencer la prière.
Sur le plan pratique, si votre mosquée locale ne fait pas la Khutbah en arabe, il convient de se diriger vers une autre qui respecte cette pratique prophétique. Et ce n'est qu'en l'absence totale d'alternative dans votre localité que vous serez contraint, en dernier recours, d'y accomplir le Jumu'ah dans ce type de mosquée.
Introduire une langue étrangère dans cet acte d'adoration constitue une Bid'ah (innovation) dans le Dīn d'Allāh Ta’ālā. Il est donc fondamental de ne pas banaliser cette situation ni d'y devenir insensible.
والله أعلم
Et Allāh est Le plus Savant.
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